
Une machine à écrire Underwood du même modèle que celle qui a servi à Elisabeth de Miribel, la secrétaire du Général de Gaulle, qui a tapé l'Appel dans l'après-midi du 18 juin 1940.
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( Août 1915-2005 )
Diplomate et écrivain, elle est issue d'une famille de militaires et de grande aristocratie. À 20 ans, elle fait des études de psychologie à Genève avec Piaget.
Alors qu'elle s'occupe d'enfants délinquants et arriérés en Suisse, son « voisin de campagne » Charles de Gaulle fait appel à ses services. En 1940, elle en devient la secrétaire à Londres.
"Dans l'après-midi du 17 juin 1940, le coup de téléphone que j'espérais secrètement m'a convoqué pour le lendemain matin à Seymour place, dans un petit appartement (…) dont Jean Laurent avait remis les clés au Général de Gaulle.(…) Je me suis retrouvée devant une machine à écrire, alors que je tapais fort mal, et devant des feuilles manuscrites très difficiles à déchiffrer. J'étais installée dans une chambre, à côté de la salle à manger. Le Général s'est absenté une partie de la matinée. Il est sorti pour déjeuner. Mon vrai travail a commencé vers trois heures. Je m'applique laborieusement à lire un texte finement écrit et surchargé de ratures. Je dois le recopier, au propre, à la machine. Pour gagner du temps, Geoffroy de Courcel m'en dicte des passages. Il emporte, au fur et à mesure, les feuillets dactylographiés pour les soumettre au Général. (…) Ces mots vont constituer une page d'histoire. Je ne le sais pas encore. Pourtant j'ai l'obscur pressentiment de participer à un événement exceptionnel. (…) L'heure passe. Le temps presse. Il sera bientôt six heures du soir. Ma tâche est terminée. Le Général fait appeler un taxi pour se rendre à la BBC avec Courcel. Ils me déposent en chemin devant ma porte (…). Je monte préparer mon dîner. Pendant ce temps, des paroles irrévocables s'envolent vers la France. Je n'ai pas entendu l'appel ce soir-là !"
Le Général la charge deux ans plus tard de rallier les Canadiens à la cause de la France libre en la dépêchant au Québec. Elle est correspondante de guerre en
Italie et en Afrique et après le conflit, s'occupe de service de presse du Général.
Suite à ses contacts avec Maritain et Malraux, elle décide d'entrer au Carmel en 1949 « pour chercher l'absolu, car les paroles ne suffisent plus ».
Elle y passe quatre ans et demi avant d'écrire (entre autres)
« On résiste plus mal au succès qu'à l'épreuve; à la société de consommation qu'à des sociétés plus dures. », paroles toujours d'actualité.
Élisabeth de Miribel rejoint ensuite le Quai d'Orsay, est nommée au Maroc, au Chili, à Innsbrûck, et termine sa carrière comme Consul Général de France à Florence.


