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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:09

 

Le 2 août 1964, pour célébrer le cinquantenaire de la mobilisation de 1914, une allocution du général de Gaulle est diffusée à la radio et à la télévision. Le reportage du journal débute sur des images de la cérémonie de la gare de l'Est de Paris - présidée par le Premier ministre Georges Pompidou et par le ministre des Anciens Combattants, Jean Sainteny. Là, des soldats en costume de poilus défilent et des décorations militaires sont décernées. Pendant ce temps, à Colombey-les-Deux-Eglises, le général de Gaulle dépose une gerbe au Monument aux Morts tandis qu'est diffusée son allocution, qui se poursuit sur des images des cérémonies qui se déroulent au même moment à travers toute la France métropolitaine ou d'outre-mer.

Dans son discours, le chef de l'État remémore cette journée particulière du dimanche 2 août 1914, où tous les clochers de France avaient fait entendre leur tocsin pour signifier l'ordre de mobilisation générale des hommes " soumis aux obligations militaires ". " Nous sommes partis quatre millions " déclare le général de Gaulle, rappelant qu'il a - lui aussi - participé à cette guerre. Blessé trois fois, fait prisonnier, il est emmené en Allemagne d'où il tente de s'évader et ne sera libéré qu'à l'armistice. Dans son allocution, il évoque longuement l'unité nationale dont avait fait preuve le peuple français en 1914 ; il en appelle à cette même cohésion nationale pour assurer, quarante années, plus tard la grandeur de la France.

 

Le 2 août 1914, jour de la mobilisation, le peuple français, tout entier, se mit debout dans son unité. Cela n'avait jamais eu lieu. Toutes les régions, toutes les localités, toutes les catégories, toutes les familles, toutes les âmes, se trouvèrent soudain d'accord. En un instant s'effacèrent les multiples querelles politiques, sociales, religieuses, qui tenaient le pays divisé. D'un bout à l'autre du sol national, les mots, les chants, les larmes, et par-dessus tout , les silences n'exprimèrent plus qu'une seule résolution. Certes, la nature de notre époque facilita cette cohésion. Le travail en commun, la vie agglomérée, les émotions collectives qui sont le propre des temps modernes, prédisposaient les Français à un solidaire entraînement. En outre, les obligations égales et strictes du service militaire, ainsi que l'appel, l'incorporation, les réquisitions, les transports, formaient comme un engrenage qui aidaient à leur consentement. D'autre part, les alliances déjà conclues ou sur le point de l'être avec la Russie, l'Angleterre, la Serbie et la Belgique, soutenaient la confiance de tous. Enfin, l'espoir dont la Nation s'était longuement bercée de réparer, un jour, ce qu'elle avait subi quarante-quatre années plus tôt, remontait des profondeurs. Mais, le souffle qui anima, ce jour-là, l'immense élan du pays tenait surtout à la certitude commune que la France courait le plus grand danger possible et à l'unanime volonté de la sauver pour toujours. Nous sommes partis 4 millions, par la suite 4 autres millions nous ont rejoint ou remplacé. Un million quatre cent mille allaient mourir, un million resterait mutilé. La plupart étant naturellement des plus jeunes et des meilleurs. Cela, indépendamment du concours que nous apportèrent vaillament et généreusement les territoires d'outre-mer. Par rapport au total de sa population, aucun peuple n'en fit alors autant. Pour supporter à mesure de telles pertes et de tels chagrins, compenser l'infériorité initiale de notre armement, réparer toutes les erreurs et toutes les défaillances qui se mêlèrent à tant et tant d'actes de valeur et de discipline, pendant les épreuves terribles d'une guerre de plus de 4 ans, et finalement, remporter la victoire, rien n'a compté autant que l'union scellée par les Français devant les affiches blanches de la mobilisation. La moitié d'un siècle a passé. Une autre guerre et d'autres blessures ont failli jeter aux abîmes notre patrie gravement affaiblie. Si malgré tout, oui malgré tout, cela put être surmonté, si la France en sortit, encore une fois, victorieuse, si désormais elle est en marche, vers un destin prospère et fraternel, c'est parce qu'en fin de compte la Nation retrouva l'unité, dont elle avait fait preuve le 2 août 1914. L'unité, telle est, Français, la raison, qui depuis cette date, nous rassembla souvent et nous rassemble en ce moment même autour des Monuments aux Morts de nos villes et de nos villages. Telle est la leçon que nous tous, et nos descendants, devons tirer du plus encourageant souvenir de notre histoire.

 

Nous vous informerons de l'ensemble des manifestations qui seront organisées.

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Published by Union des Gaullistes de France (UGF)

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