Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 07:08
En 1965, Charles de Gaulle, Président de la République, et Georges Pompidou, Premier Ministre, incitent les jeunes du mouvement gaulliste à créer leur propre structure, indépendante du parti gaulliste d'alors, l'UDR. Ainsi naît l'Union des Jeunes pour le Progrès - Mouvement des Jeunes Gaullistes.

Pour tous, la création de l'UJP a un sens : il s'agit d'offrir aux jeunes lycéens, étudiants ou salariés qui n'auraient pas directement adhéré au parti gaulliste, un mouvement au sein duquel ils pourraient agir et s'exprimer plus librement dans le soutien au Président de la République. Il s'agit pour la "république gaullienne" de nouer avec une nouvelle génération et d'y trouver un nouveau souffle.

Sous l’impulsion de son premier Président, Robert GROSSMANN, la voix de l’UJP se fit rapidement entendre sur la scène politique nationale. Très vite, le pari est gagné : à partir de 1968, l'UJP devient la plus importante organisation politique de jeunes en France avec plus de 30 000 membres, offrant ainsi au Général de Gaulle un lien privilégié avec la jeunesse de France.

En 1976, à la fondation du RPR et la refondation du mouvement gaulliste par Jacques Chirac, l'UJP sert de base pour la création d'une structure interne : les Jeunes RPR.

En 30 ans, l'UJP a participé à la vie politique française, tant par son soutien aux candidats qui pouvaient revendiquer la plus grande légitimité gaulliste (Georges POMPIDOU, Jacques CHABAN-DELMAS, Michel DEBRE et Jacques CHIRAC pour ne citer qu’eux ) que par la participation de ses membres, ou anciens membres, à la conduite des affaires de la France. Nombre d’hommes et de femmes sortis de ses rangs sont, en effet, aujourd’hui parmi les élus les plus dynamiques de la Nation, qu’ils soient Ministres, Sénateurs, Députés ou élus locaux.

Robert Grossmann, l’actuel président de la communauté urbaine de Strasbourg, n’a lui-même que vingt-cinq ans quand il décide de fonder l’UJP. L’idée est de renforcer la mobilisation gaulliste aux côtés des grands partis créés sous la houlette du général de Gaulle : le RPF (Rassemblement du peuple français) ou l’UNR (Union pour la nouvelle République) en s’appuyant sur les forces vives de la nation, c’est-à-dire les moins de trente-cinq ans. Pari réussi : l’UJP passe de 2 000 à près de 70 000 adhérents entre 1965 et 1975. Force de mobilisation déterminante, très présente au sein des universités, l’UJP assumera aussi la vocation d’une véritable école des cadres, d’où sortiront des figures politiques centrales à gauche comme à droite tels Michel Barnier, Michel Cazenave, Jean-Louis Bourlanges, Alain Carignon, Patrick Ollier.

Mais comment peut-on être gaulliste à l’âge de vingt-cinq ans ? Car Robert Grossmann et ses militants n’ont pu connaître l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle ailleurs que dans les livres d’histoire. Sur quoi repose le gaullisme des plus jeunes ? S’agit-il d’une mystique révérant la figure paternelle du héros de la Libération face à l’incertitude de l’avenir ? C’est précisément l’idée contraire qu’impose Robert Grossmann dans son célèbre discours aux assises de l’UDR à Lille, en novembre 1967, en démontrant la force visionnaire du gaullisme : « Nous sommes pour de Gaulle parce qu’il a instauré la Ve République et qu’il est le promoteur d’une pensée et d’une action que nous estimons adaptée à notre siècle et à son mouvement. » En effet, le Général de Gaulle n’incarne-t-il pas à lui seul l’audace des ruptures qu’il illustre par des actes d’éclat comme le droit de vote accordée aux femmes, la décolonisation, la paix en Algérie ou encore son célèbre « Vive le Québec libre » ?

Robert Grossmann ne soupçonne pas à quel point sa propre vision d’une politique enfin ouverte aux jeunes est prémonitoire. Car la révolution de mai 1968 ouvre bientôt la brèche de l’immobilisme dont souffre la France. Qui est lui-même largement entretenu par la guerre des partis, mal bien français qui fait prévaloir les ambitions individuelles sur l’intérêt général. Spectacle détonnant, les jeunes gaullistes de Robert Grossmann font alors la démonstration de leur totale fidélité au Général de Gaulle, de leur véritable autodétermination, en osant le slogan : « La révolution avec le Général de Gaulle. » La contre-manifestation qu’ils organisent sept jours après la mobilisation du 13 mai rassemble près d’un million de participants.

Robert Grossmann raconte ainsi l’itinéraire du gaullisme depuis l’avant-poste de l’UJP à travers plus de quarante ans d’histoire politique, évoquant les crises et les moments forts du mouvement. Le départ du Général de Gaulle, provoqué par l’appel de Valéry Giscard d’Estaing à voter non lors du référendum d’avril 1969 fait place à une nouvelle génération de gaullistes autoproclamés après l’intermède Pompidou. Jacques Chirac fera des jeunes gaullistes l’instrument médiatique de sa montée en puissance : « La juventomanie politique. »

Par Secrétariat Général de l'UGF
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