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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:12

A bord du croiseur De Grasse, le général de Gaulle assiste à un essai de la bombe atomique française, le 12 septembre 1966 à Mururoa. Il est entouré (de g. à d.) d'Alain Peyrefitte, de Pierre Billotte et de Pierre Messmer.
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Les Etats-Unis ont secrètement aidé la France à améliorer son arme nucléaire dans les années 1970, à l'époque où l'administration Nixon souhaitait semer la division en Europe, révèlent des documents américains déclassifiés.

Henry Kissinger, alors grand ponte de la politique étrangère de l'administration de Richard Nixon, comptait faire croire aux Français qu'ils pouvaient entrer en compétition avec la Grande-Bretagne, dans l'espoir de saper la construction européenne, révèlent ces documents publiés par deux centres de recherche, celui de l'université George-Washington et l'institut Woodrow Wilson. La France a effectué ses premiers essais nucléaires dans le désert du Sahara en 1960, devenant ainsi le quatrième pays, derrière les Etats-Unis, l'URSS et la Grande-Bretagne, à posséder le feu nucléaire.

La position officielle des Etats-Unis a été de refuser de collaborer avec la France en matière de nucléaire militaire à l'époque où le général de Gaulle était président. Mais les documents inédits révèlent que Richard Nixon, dès son arrivée au pouvoir en 1969, a compris que Washington n'avait pas les moyens de freiner les ambitions nucléaires de la France.

Dès lors, les Etats-Unis se sont mis à distiller au compte-goutte des informations à Paris en donnant à Robert "Galley (ministre de la Défense sous Pompidou) des informations croustillantes mais qui vont le faire tourner en rond pendant un bout de temps", selon les termes utilisés par Henry Kissinger en 1973, rapportés dans ces documents inédits. Pour ce faire, Washington a dû contourner une loi interdisant toute forme de coopération directe avec la France dans le nucléaire, en rusant. Les Américains ne prodiguaient aucun conseil direct, se contentant de dire aux Français si leurs projets allaient dans la bonne direction ou non, indiquent ces documents.

"Nous ne voulons pas que l'unité européenne avance et qu'elle se retourne contre nous. Si les Français pensent qu'ils peuvent prendre de l'avance sur les Anglais, alors nous aurons atteint notre objectif", explique encore Henry Kissinger, cité dans un des documents publiés. La Grande-Bretagne a fini par rejoindre la CEE en 1973 et d'après William Burr, chercheur au centre des archives de l'université George-Washington, la France aurait finalement bénéficié de l'aide des Américains.

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Published by Union des Gaullistes de France (UGF)

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