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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 19:15

 Quimper.jpg

      (Photo Ouest-France)

Après la vague de mai 1968 et la victoire gaulliste aux élections législatives, le Général de Gaulle, président de la République depuis janvier 1959, et son gouvernement projettent de réaliser une réforme profonde des institutions. Cette réforme peut être analysée comme une tentative de réponse institutionnelle aux mécontentements exprimés en 1968. Dans ce projet de transformation des institutions, incluant le Sénat, une réforme régionale (ou réforme Jeanneney) est annoncée. Il s'agit de faire de la région une collectivité locale à part entière dans le cadre du découpage existant, en instituant un conseil régional, composé de conseillers "territoriaux", députés désignés par les conseils généraux et municipaux, et de conseillers socioprofessionnels désignés par les organismes dont ils font partie. L'objectif est que le conseil régional se charge de réaliser, d'entretenir et de gérer la plus grande partie des investissements collectifs (aux dépens, notamment des conseils généraux). Ses ressources proviendraient d'impôts transférés par l'Etat, de subventions, et de revenus du "domaine régional", assez mal définis. L'Etat se chargerait de mettre à la disposition des régions les moyens et le personnel nécessaires à la réalisation de leurs projets.

Pour donner le départ de cette réforme institutionnelle, Charles de Gaulle choisit de se rendre en Bretagne. Lors de ce déplacement, il souhaite également reprendre directement contact avec les Français après 1968, et rassurer les Bretons quant à leurs inquiétudes sur le plan économique Ce qu'il ne parvient d'ailleurs à faire que partiellement. Il arrive à Rennes le 31 janvier 1969, dans une ambiance mitigée, où il préside une réunion de la CODER (Commission de Développement Économique Régional, organisme créé en 1964). Le 1er février, il se rend à la base aéronavale du Ponant à Landivisiau, où l'on projette de baser des sous-marins nucléaires, puis à Brest et à Bénodet, où il reçoit un accueil chaleureux.

Le lendemain, il prononce un discours sur la place de la Résistance à Quimper, dans lequel il annonce le projet de réforme, ainsi que la tenue d'un référendum au printemps qui décidera de l'adoption ou non de ce projet. Il prononce également quelques vers d'un poème écrit par son oncle Charles de Gaulle en breton, après avoir rappelé la contribution de la Bretagne à la nation et à son unité. Il énonce ensuite les principaux points forts de la Bretagne, qui font d'elle une région dynamique, et qui pourront la faire sortir de son "retard du progrès", à condition d'être encouragés et développés, ce que la réforme régionale permettrait. De Gaulle insiste donc sur la restructuration et l'intensification nécessaire d'une agriculture familiale peu rentable, le désenclavement de la région, la fin de l'exode d'une population (premier excédent migratoire en 1965), la modernisation des industries et des chantiers navals, l'industrialisation pétrochimique à venir, la qualité de l'enseignement et de la formation. Autant de points qui visent à donner de l'espoir aux Bretons quant au développement économique de leur région.

Le projet de réforme ainsi annoncé et défendu est cependant rejeté au référendum du 27 avril 1969 par 53,17% des suffrages exprimés. Ce rejet, davantage dû au refus de la réforme du Sénat et à une prise de position contre de Gaulle qu'à la réforme régionale, assez peu évoquée pendant la campagne, provoque le retrait du général. L'échec du projet de réforme régionale n'empêche cependant pas la Bretagne de se développer rapidement, suivant une dynamique déjà engagée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, que De Gaulle reprit dans son discours de Quimper. Le rejet de ce projet provoque toutefois l'hésitation des politiques pour lancer de nouvelles réformes concernant les régions. Les institutions régionales que l'on connaît aujourd'hui ont été esquissées en 1972, et leur organisation approfondie à partir de 1982, et pendant toutes les années 1980.

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Published by Union des Gaullistes de France (UGF)

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